Les traitements

Les traitements ont beaucoup évolué ces dernières années.
Il existe trois sortes de traitement:


Le traitement de la poussée

Ce traitement est de la cortisone administrée en intraveineux à forte dose le plus souvent sur 3 jours.


Le traitement des symptômes

- traitement des symptômes urinaires

- traitement de la raideur, de la spasticité

- traitement des douleurs ou des troubles sensitifs

- traitement de la dépression, de la fatigue, des troubles sexuels

- rééducation des troubles moteurs et adaptation au handicap

Téléchargez ci-dessous la fiche sur le Fampyra®, traitement symptomatique des troubles de la marche des patients adultes atteints de SEP et présentant un handicap à la marche, quelle que soit la forme de la maladie.

Les traitements de fond

Les traitements de fond sont les traitements qui visent à diminuer la fréquence des poussées et à diminuer à long terme l’incidence de l’inflammation cérébrale sur le handicap. Il n’y a actuellement aucun traitement qui permet de guérir la maladie.

Par contre, les traitements de fond actuels sont de plus en plus efficaces et permettent de diminuer nettement la fréquence des poussées.

Il n’y a pas encore de traitement de fond validé scientifiquement pour le traitement des formes progressives d’emblée.

Le choix des traitements de fond est fait par le neurologue en fonction des symptômes présentés, de leur évolutivité, de la fréquence des poussées, de l’IRM et des  effets secondaires de chacun des traitements.

Il faut toujours mettre en balance l’effet positif de certains traitements et leurs effets secondaires potentiels.

Les traitements sont de mieux en mieux connus et pour les traitements de 1ère intention comme l’interféron ou l’acétate de glatiramère, le recul est de plus de 15 ans et ils sont démontrés non nocifs à long terme.

I. LES TRAITEMENTS DE PREMIERE INTENTION :

Ce sont des traitements immunomodulateurs qui diminuent d’environ 30 % la fréquence des poussées dans les études contre placebo.

Pour qui ?

-  Sclérose en plaques de forme rémittente ayant présentée 2 ou 3 poussées dans les deux dernières années
-  Dans certains cas, indication de traitement après la première poussée


1. Les interférons-ß
 :

AVONEX®, BETAFERON®, EXTAVIA® et REBIF®.


- Modalités :

Ces traitements sont donnés:

- Soit en intra musculaire une fois par semaine (AVONEX®)
- Soit en sous cutané trois fois par semaine pour les autres interférons. (BETAFERON®, EXTAVIA® et REBIF®).

Il y a une possibilité d’apprentissage aux autoinjections par l’infirmière du Réseau Rhône-Alpes SEP.


- Contre-indications :

  • Etats dépressifs
  • Epilepsie mal équilibrée
  • Allaitement


- Surveillance :

Prise de sang mensuelle puis trimestrielle de la numération formule sanguine et du bilan hépatique.


- Effets secondaires :

  • Syndrome pseudo grippal après l’injection
  • Perturbations hépatiques
  • Diminution des globules blancs ou des plaquettes
  • Dysthyroïdie


2. L’acétate de glatiramère :

COPAXONE® 20mg


- Modalités :

Ce traitement est donné à raison d’une injection sous cutanée tous les jours.


- Contre-indications :

  • Allaitement
  • Grossesse


- Surveillance :

Pas de surveillance biologique.


- Effets secondaires :

  • Lipodystrophie cutanée possible aux points d’injection
  • De rares cas de malaise après l’injection avec une sensation d’oppression thoracique qui durent quelques minutes et disparaissent

Pour ces traitements de première intention immunomodulateurs, nous avons un recul important d’utilisation, il n’y a pas d’effet secondaire à long terme décrit (cancer ou infection).

 
3. Les nouveaux traitements de première intention: Aubagio®, Tecfidera
®
.

Téléchargez ci-dessous les fiches de ces nouveaux traitements.

II. LES TRAITEMENTS DE DEUXIEME INTENTION :

TYSABRI® (Natalizumab) et GILENYA® (Fingolimod): téléchargez ci-dessous les fiches des 2 traitements.

Ces traitements ont montré dans les études un fort pourcentage de réduction de poussée d’environ 55 % pour le GILENYA® et de 70 % pour le TYSABRI®.

Ils sont prescrits uniquement en deuxième intention du fait de leurs effets secondaires potentiels qui doivent faire discuter pour chaque patient les avantages et les inconvénients. Le risque de cancer à long terme est mal connu que ce soit pour le TYSABRI® ou le GILENYA®.


POUR QUI ?

Ces traitements sont indiqués principalement après échec des traitements comme les interférons ou la Copaxone et répondent à des critères stricts d’indication qui sont :

  • Une forme rémittente active avec au moins une poussée dans l’année malgré un traitement de première intention bien pris et l’existence sur l’IRM, soit d’au moins 9 lésions T2 ou au moins d’une prise de Gadolinium.
  • Parfois prescrit d’emblée s’il existe deux poussées invalidantes dans l’année avec une augmentation de la charge lésionnelle importante sur l’IRM ou des prises de Gadolinium.

  
1. Le TYSABRI®  (natalizumab) :

Le TYSABRI® est disponible en France depuis mai 2007.

Le TYSABRI® est un traitement qui est composé d’un anticorps monoclonal (anti alpha 4 intégrine) qui « empêche » l’entrée des lymphocytes activés dans le système nerveux central et diminue l’inflammation.


- Modalités
 :

Ce traitement repose sur l’injection intraveineuse une fois par mois de TYSABRI® en milieu hospitalier.


- Contre indication :

  • Antécédent d’immunosuppression ou de maladies opportunistes.
  • Grossesse et allaitement
  • Cancer évolutif


- Bilan avant traitement :

  • IDR, radiographie du poumon
  • Dosage globules blancs et lymphocytes CD4/CD8
  • Bilan hépatique
  • Sérologie JCV
  • IRM de moins de 3 mois


- Effets secondaires :

  • Allergie rare
  • Infections type  herpès ou réactivation tuberculeuse
  • Troubles hépatiques
  • Le principal risque du traitement par TYSABRI® est la leuco-encéphalopathie multi focale progressive (LEMP)

Le risque de LEMP augmente en fonction de 3 critères :

1. la durée du traitement. Le risque augmente après deux ans d’exposition au Tysabri.

2. la prise antérieure d’immunosuppresseur

3. la sérologie JC virus positive

En fonction de ces trois critères, on évalue le risque de LEMP pour un patient donné.

Si la sérologie JC virus est négative, le risque de présenter une LEMP est alors proche de zéro.

 
2. Le GILENYA® (fingolimod) :

Le traitement est disponible en France depuis janvier 2012.

Cette molécule bloque les lymphocytes dans les ganglions et la rate et diminue donc le nombre de lymphocytes activés circulants.

- Bilan avant traitement :

  • Prise de sang avec  numération formule sanguine, bilan hépatique, sérologie varicelle/zona
  • Contraception
  • ECG
  • IRM de moins de 3 mois
  • Une contraception efficace est exigée pendant toute la durée du traitement puis jusqu’à deux mois après l’arrêt du traitement car il existe un risque de malformation fœtale

 

- Modalités de prescription:

La première prise nécessite une hospitalisation pendant au moins six heures avec une surveillance du rythme cardiaque. Il faudra recommencer cette procédure si le traitement est arrêté plus de 14 jours.

Par la suite, si la première prise en milieu hospitalier s’est bien passée, le traitement sera pris à domicile et à raison d’un comprimé par jour de 0.5 mg le matin.

- Contre-indication :

  • En cas de grossesse ou de projet de grossesse
  • Troubles de la conduction cardiaque
  • Il est important de souligner que la prescription de traitement diminuant la fréquence cardiaque est contre indiquée en association avec le GILENYA, par exemple, bétabloquants, certains antiarythmiques cardiaques et certains antibiotiques.

- Effets secondaires :

  • Ralentissement du rythme cardiaque (bradycardie) à l’instauration du traitement
  • Augmentation de la tension artérielle
  • Diminution des lymphocytes. Cette diminution de lymphocytes peut favoriser la survenue de certaines infections notamment des voies respiratoires ou de l’herpès
  • Perturbation hépatique : il peut y avoir une élévation des enzymes du foie, le plus souvent sans symptôme
  • Oedème maculaire : il s’agit d’un œdème d’une partie de la rétine, le plus souvent asymptomatique et résolutif après l’arrêt du traitement. Signaler toute modification de la vue à votre médecin.

 
- Surveillance :

  • Surveillance à un mois, trois mois, six mois, neuf mois et à douze mois du bilan hépatique et de la numération formule sanguine
  • La tension doit être surveillée régulièrement

AINSI,  le choix entre ces traitements repose sur l’efficacité de ces traitements mais aussi sur l’existence d’une sérologie JC positive ou négative, de la prise antérieure ou non d’un traitement immunosuppresseur et des antécédents, notamment cardiaques ou de prise de médicaments à tropisme cardiaque pour le choix du traitement.

Le risque de cancer et le risque infectieux à long terme est mal connu.


III. LE
TRAITEMENT DE TROISIEME INTENTION: NOVANTRONE® ( ELSEP)

Traitement qui diminue fortement la fréquence des poussées (70 % environ à titre indicatif).


- Pour qui ?

Ce traitement est indiqué uniquement :

  • dans les formes rémittentes actives avec au moins deux poussées avec séquelles dans l’année et au moins une prise de Gadolinium sur une IRM datant de moins de trois mois
  • dans les formes secondairement progressives actives qui ont perdu au moins deux points d’EDSS en un an et qui ont une IRM montrant des prises de Gadolinium (IRM datant moins de trois mois).


- Modalités :

  • Traitement immunosuppresseur de type chimiothérapie
  • Une perfusion à l’hôpital une fois par mois pendant 6 mois
  • Maximum 120 mg en dose totale reçue

- Effets secondaires :

Ce traitement est de moins en moins prescrit du fait du risque des effets secondaires avec principalement une cardiotoxicité dose dépendante et un risque de leucémie.

Le taux de leucémies induites à long terme varie entre 0.25 et 2% après un suivi d’au moins 5 ans. Enfin, le risque d’aménorrhée secondaire doit être expliqué aux patientes. Pour les hommes, le risque d’infertilité doit éventuellement faire envisager une conservation de sperme avant traitement.

- Contre-indication: vaccins vivants contre indiqués pendant 6 mois après l’arrêt du traitement

Fiches sur les traitements symptomatiques

Traitement symptomatique Fampyra®Format PDF (355 Ko)